Les manuscrits enluminés de Jean Jouffroy
EXPOSITION: Le goût de la Renaissance italienne. Les manuscrits enluminés de Jean Jouffroy, cardinal d’Albi († 1473), Albi, Médiathèque Pierre-Amalric, Bibliothèque Municipale d’Albi, du 15 septembre au 31 décembre 2010. Entrée libre et gratuite.
Catalogue de l’exposition sous la direction de Gennaro Toscano et Matthieu Desachy, Cinisello Balsamo 2010 (Silvana Editoriale), 180 pages, 40 illustrations en couleur, broché avec rabats, édition français, € 28,00.
Ami des plus grands humanistes, orateur de talent, diplomate opportuniste serviteur tour à tour du duc de Bourgogne, des papes Nicolas V et Pie II, puis du roi Louis XI, mais aussi condottiere à la fin de sa vie, le cardinal Jean Jouffroy (1412-1473), évêque d’Albi, fut l’un des plus ardents bibliophiles de la fin du Moyen Âge.
Amateur d’art éclairé, il a introduit dès le milieu du XVe siècle dans une France encore attachée à l’art gothique le goût raffiné de la Renaissance italienne. Il a collecté de manière insatiable les textes les plus antiques, collectionné les manuscrits enluminés les plus somptueux, offert en présent les ouvrages les plus luxueux aux grands de ce monde, faisant travailler des copistes, relieurs et enlumineurs renommés à Rome ou Florence, ayant finalement constitué l’une des plus riches collections privées de son temps, dispersée aujourd’hui dans les bibliothèques publiques les plus prestigieuses.
L’exposition organisée par la bibliothèque d’Albi présentera pour la première fois les plus belles pièces de cette collection, parmi lesquelles les manuscrits offerts au roi Louis XI, prêtés par la Bibliothèque nationale de France, et des manuscrits florentins exceptionnellement prêtés par la Bibliothèque apostolique vaticane.
Si la première partie de l’exposition décrit les grandes étapes de la vie fort bien remplie de Jean Jouffroy et son héritage artistique (l’hôtel Jouffroy à Luxueil ou les fresques du cycle des reliques de la Croix dans la chapelle Sainte-Croix de la cathédrale d’Albi), les autres démontrent ses goûts de collectionneur et ses choix avertis de bibliophile. Il a notamment commandé ou acheté de nombreux manuscrits au célèbre libraire florentin Vespasiano da Bisticci, fournisseur des plus grands princes et prélats de son temps.

