Les manuscrits carolingiens

Les manuscrits carolingiens, “Actes du colloque de Paris, Bibliothèque Nationale de France, le 4 mai 2007”, edited by M. P. LAFFITTE and J. P. CAILLET, Turnhout 2009 (Brepols, Bibliologia 27), VI + 265 pages, 26 colour illustrations,  € 80,00.

À l’occasion de l’exposition Trésors carolingiens présentée dans ses salles du 20 mars au 24 juin 2007, la Bibliothèque Nationale de France a organisé une journée internationale d’étude autour du livre manuscrit à l’époque en question. L’exceptionnelle richesse du fonds parisien (auquel avaient été adjoints d’incontournables spécimens de certaines bibliothèques régionales françaises) donnait lieu, en effet, à évoquer pratiquement tous les principaux aspects de la production et du contenu même de ces œuvres, ainsi que de leur devenir.

Après une introduction visant à situer le livre carolingien au regard de ses antécédents antiques profanes et païens, paléochrétiens et haut-médiévaux (Jean-Pierre Caillet), ce sont les étapes – et les raisons – de l’émergence de l’intérêt pour ces manuscrits et de la constitution de leurs collections qui ont été abordés (Marie-Pierre Laffitte). Il importait d’autre part également  de dresser le panorama des grands travaux consacrés à ce domaine de la fin du XIXe siècle à nos jours (Jean Vezin). Le statut privilégié du livre religieux en tant que composante majeure du trésor, et tout particulièrement l’assimilation de son contenu à de véritables reliques, devaient ensuite être clairement précisés (Marianne Besseyre). Naturellement, la nature du message iconographique, tant à l’égard du texte, dont il offre un contrepoint visuel portant ses propres accents, que des modèles – anciens ou récents – dont il s’avère tributaire à divers degrés, a fourni matière pour de substantielles mises au point (Herbert Kessler, Charlotte Denoël, Fabrizio Crivello, Anne-Orange Poilpré).

Les rapports, thématiques aussi bien que stylistiques, des ivoires de la reliure avec l’imagerie interne du livre, ainsi que l’éventuelle diachronie de leur association, n’ont pas non plus manqué de susciter un réexamen serré (Lawrence Nees). Par ailleurs, les derniers développements d’une investigation de laboratoire sur les pigments utilisés dans l’élaboration des miniatures de certains manuscrits, et dont les résultats sont évidemment lourds de conséquences quant aux origines de ceux-ci, ont témoigné d’une notable ouverture des perspectives de recherche (Patricia Roger). La conclusion de l’ensemble (Jean-Pierre Caillet) s’attache à souligner l’opportune complémentarité de ces approches ; et, au-delà des nouveaux acquis ainsi opérés, à dégager les orientations encore propres à parfaire la connaissance de ce qui correspond bien à un temps fort de l’évolution culturelle et artistique de l’Occident médiéval.

Sommaire: Jean-Pierre Caillet, Caractères et statut du livre d’apparat carolingien : origines et affirmation (pp. 1-43); Fabrizio Crivello, Les Evangiles de Saint-Denis et l’influence de l’École de la cour de Charlemagne sur les scriptoria de Francie occidentale (pp. 45-88); Charlotte Denoël, Entre imitation et invention : un livre d’Évangiles de style tourangeau (Paris, BnF, ms. latin 269) (pp. 89-120); Herbert L. Kessler, Jerome and Vergil in Carolingian Frontispieces and the Uses of Translation (pp. 121-140); Marie-Pierre Laffitte, La redécouverte des manuscrits carolingiens par les érudits et les collectionneurs français (XVIe-XVIIIe siècles) (pp. 141-158); Lawrence Nees, Early Carolingian Manuscripts and Ivories (pp. 159-184); Anne-Orange Poilpré, La visibilité de Dieu dans les Bibles carolingiennes (pp. 185-202); Patricia Roger, Étude technique sur les décors de manuscrits carolingiens (pp. 203-216); Jean Vezin, Le renouvellement des études scientifiques autour des manuscrits carolingiens : de Léopold Delisle à Bernhard Bischoff (pp. 217-227); Jean-Pierre Caillet, Conclusions (pp. 229-235); Index des manuscrits (pp. 237-241); Planches (pp. 243-265).

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